Nouveau coup de tonnerre à Saint-Étienne (décidément !) où le conseil d’administration de l’université se réunissait le 28 septembre. À l’ordre du jour : un débat sur le projet de fusion, et l’approbation d’une nouvelle équipe de vice-président⋅es suite à la vague de démissions de l’été. Le rejet de cette équipe par le conseil sonne comme un coup de semonce pour le projet d’université-cible, qui sera mis au vote le 23 octobre.

Polémique autour de « l’affaire » Bertrand Moine

Après le départ de douze vice-président⋅es (VP), la présidente Michèle Cottier souhaitait pourvoir au moins les trois vice-présidences « statutaires » : recherche, formation, conseil d’administration. Le VP recherche ayant déjà été renouvelé, restait à trouver deux fidèles prêts à s’engager ; par chance, il en restait à peu près… deux. Alain Tremeau, déjà chargé de la VP relations internationales, était proposé comme VP CA ; Bertrand Moine, élu au conseil d’administration et soutien véhément de la présidente, devait hériter de la VP formation.

Ce dernier a néanmoins rapidement fait l’objet d’une polémique, suite à des informations que nous révélions le 18 septembre dernier. Farouche défenseur de la fusion, B. Moine n’hésitait pas à rappeler en juin à ses collègues que « [leur] avenir était très fortement lié au choix qui sera fait » sur le projet et que la perspective d’une sortie de la fusion « ne serait pas sans conséquences pour nous, enseignants-chercheurs rangs B ». Il semblerait pourtant qu’il ne soit pas si attaché à l’université-cible que cela : nous apprenons qu’il devrait la quitter d’ici une dizaine de mois… Selon nos informations, un échange de postes est en effet en préparation avec l’université Clermont Auvergne, dans le cadre d’une « mutation croisée ». La procédure permettrait en outre à B. Moine de rester membre de son unité, le Laboratoire Magmas et Volcans (LMV) : actuellement partagé entre l’UJM (Saint-Étienne) et l’UCA (Clermont-Ferrand), le laboratoire devrait voir sa partie stéphanoise absorbée par le LGL lyonnais dans le processus de fusion. Bref, l’homme qui devait porter le volet « formations » de la fusion aux côtés de Michèle Cottier s’ingénie à échapper à toutes les conséquences du processus pour lui-même. « Faites ce que je dis, pas ce que je fais » : en guise de déontologie, on a fait mieux…

Cette fuite n’a évidemment pas manqué de choquer, en particulier parmi les membres du Collectif UJM : ceux que B. Moine sommait en juin « d’assumer publiquement leurs contradictions » (sic) attendent désormais « des explications de l’intéressé » et l’appellent à manifester « une plus grande considération pour la communauté universitaire ».

Le CA rappelle Cottier au réalisme

En bon géologue, B. Moine était aux premières loges lundi soir pour voir passer l’onde de choc du séisme qui traverse l’université Jean-Monnet depuis juin : après plusieurs mois de crise de légitimité, la présidente a été mise en minorité par son conseil d’administration sur le vote d’approbation des nouveaux vice-présidents (16 contre, 15 pour, 2 nuls). À moins d’un mois du vote des statuts de l’université-cible, cette décision du CA revêt une importance cruciale, d’autant plus qu’elle a été motivée en cours de séance par la politique de M. Cottier concernant la fusion : « ces deux candidats entendaient œuvrer à la fusion des universités et à la disparition de l’UJM (…), c’est un désaveu cinglant pour la présidente [qui] ne peut pas ne pas en tenir compte », écrit le syndicat FO dans un communiqué. Stéphane Riou, du collectif UJM, ajoute dans les colonnes du Progrès : « c’est un vrai signal qu’elle est pratiquement seule à défendre ce projet ».

Pour l’instant, M. Cottier ne semble pas atteinte : inflexible, elle déclare dans la presse qu’elle « va continuer comme cela », envers et contre tout… Dans un courrier du 2 octobre, elle revient sur cette position : « si les opposants au projet se sont une nouvelle fois limités à une opposition aux statuts de l’Université Lyon-Saint-Etienne, (…) nous, nous portons un projet, dont les statuts ne sont pas une fin en soi. » Dans une prose où la fébrilité transpire, la présidente essaie d’opposer les ambitions de la fusion à l’idée d’un repli sur soi : « Nous avons en définitive le choix d’être une université « locale » ou de rejoindre le cercle des universités internationales. Non pas qu’il soit indigne d’être une université en quelque sorte municipale. Mais Saint-Étienne doit avoir une autre ambition. » La formulation n’a pas manqué de faire réagir, alors que dès le CA l’un des soutiens de M. Cottier avait osé : « on va pas se mentir, le diplôme de l’UJM ne vaut rien à l’international, c’est un diplôme de 3ème zone ». On comprend peut-être mieux le manque d’attachement de l’équipe présidentielle à leur université…

Quelles seront les conséquences d’un tel acharnement ? Le climat de cet automne semble peu propice à une réconciliation rapide à l’UJM, mais Michèle Cottier sait bien qu’elle n’a à se réconcilier qu’avec deux ou trois membres de son CA. Il lui reste trois semaines…

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