2018 01 18 tract lycéens« Bienvenue dans les supérieurs », faudrait-il écrire pour être en cohérence avec notre joli tract ci-contre. En quelques mots, voici quelques explications pour prolonger ce qu’on y écrit.

Et pour les gens très pressés, faut aller tout de suite en bas de la page.

1. On sélectionne les étudiants

Vous êtes au lycée. Vous allez bientôt passer le bac. Et surtout, vous allez vous inscrire sur Parcoursup, premier pas dans la grande machine universitaire. (On précise tout de suite : l’Université, le système universitaire, bref le truc qui est en train de prendre cher, c’est pas que les facs. Les réformes touchent tous les établissements, y compris ceux que vous pourriez intégrer après une prépa par exemple…)

Parcoursup, vous l’avez entendu partout : c’est le début de la sélection à l’Université. Les établissements pourront fixer des attendus, et sélectionner les étudiants selon ces critères. Le bac, qui a toujours été le premier diplôme de l’enseignement supérieur, sera définitivement dépouillé de tout son sens (ou de ce qu’il en restait).

En savoir plus :

2. On distingue les winners et les losers

Ça y est : on a inventé la sélection. Débarrassés des « mauvais » étudiants, de ceux qu’on ne veut pas ? Et non…

S’ils ne vont pas étudier, ces centaines de milliers de jeunes vont faire exploser les chiffres du chômage. Du coup, laissons-les étudier, mais dans une filière-poubelle qu’on rangera dans un établissement-poubelle.

C’est caricatural, mais la logique est bien de créer deux systèmes :

  • le premier, celui de l’ « excellence » qu’on nous sert à toutes les sauces, est régulièrement arrosé de financements exceptionnels en plus de sa généreuse dotation en moyens (financiers, mais aussi « humains » : beaucoup plus de poste pour enseigner et encadrer l’enseignement) ;
  • le second, celui des universités de seconde zone où l’on relègue les filières dont on ne veut pas (les filières professionnelles, les études en lettres et sciences humaines, etc.) et à dont on diminue les budgets d’année en année.

Et comment on dirige les étudiants vers l’un ou l’autre des systèmes ? Mais avec la sélection qu’on a mise en place ! Les établissements excellents définiront des attendus très stricts, les autres seront forcés de prendre tout le monde (par le rectorat, qui pourra imposer des étudiants à certains établissements).

En savoir plus :

3. On donne des sous à ceux qui en ont déjà

Ensuite, il n’y a plus qu’à faire vivre l’excellence. C’est là qu’interviennent des projets comme l’Idex, qui est ce contre quoi Idexit se bat au départ.

Ce projet consiste à fusionner une partie des établissements lyonnais (Lyon 1, Lyon 3, INSA, ENS, et l’université de Saint-Étienne) pour en faire un immense établissement expérimental qui accélèrera grandement ces logiques inégalitaires. Dans la suite des très nombreuses réformes engagées depuis 2000, il repose sur une mise en concurrence désastreuse des universités et des territoires.

En gros, l’idée est la suivante : l’État dit qu’il va désigner des « bons » et des « mauvais » établissements, l’un des critères pour être bon étant d’accepter ses réformes (et un autre étant d’être dans une filière rentable économiquement). Cette désignation fait stresser tout le monde, donc tout le monde applique les réformes. Une fois cette opération faite, il finance les « bons », qui deviennent encore meilleurs ; comme ils sont devenus très bons, on leur donne encore plus d’argent, et ainsi de suite. On voit vite à quelle catastrophe peuvent courir ceux qui n’ont pas la chance d’être du bon côté…

Plus d’informations peuvent être trouvées sur ce site (même si pour l’instant on n’a pas eu le temps de rédiger grand-chose).

4. Et moi, je fais quoi là-dedans ?

Le supérieur, c’est pour bientôt. Que faire face à ce qui ressemble bien à une démolition d’un système égalitaire, avec une uniformité des diplômes, des formations, des frais d’inscription, etc. ?

Te tenir au courant :

  • via nos canaux de diffusion : Facebook, Twitter, newsletter,
  • via les syndicats étudiants l’an prochain (il y en a un peu partout ; les principaux sont Solidaires et l’UNEF) et les organisations politiques des facs,
  • via les syndicats lycéens, s’il y en a dans ton lycée ou dans ta ville !

Te mobiliser (c’est encore mieux) : même si tu n’y connais rien, tous les gens motivés sont les bienvenus, chez nous ou ailleurs. On peut par exemple imaginer organiser une réunion d’information dans ton lycée, ou une distribution de tracts… Dans tous les cas tu peux nous contacter à l’adresse idexit [at] riseup.net.

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