Les élections universitaires du printemps, en grande partie repoussées à l’automne, sont sur le point de débuter dans les trois universités lyonnaises. À Lyon 1 seules les élections étudiantes doivent avoir lieu ; à Lyon 2 le processus ne démarrera que dans quelques semaines ; à Lyon 3 en revanche, la campagne électorale vient de s’ouvrir et oppose deux listes aux programmes clairs : se lancer dans la fusion, ou au contraire sortir du processus.

Élections étudiantes : comme d’habitude, pléthore de listes

Les candidatures aux élections étudiantes de Lyon 1 et de Lyon 3 sont désormais connues, et le paysage est pour le moins divisé.

À Lyon 1, où un premier scrutin avait été annulé en février suite à un recours de l’UNI, se présentent :

  • à droite, une liste « Action IUT : Contre la fusion, pour sauver nos IUT », sous-marin de l’UNI (laquelle tente visiblement de séduire au-delà de son électorat de droite et d’extrême-droite, comme elle le fait de manière discutable dans d’autres établissements) ;
  • au centre, la liste « Bouge ton campus » portée par GAELIS (FAGE), qui avait obtenu 3 des 4 sièges à l’élection annulée de février et espère renouveler sa performance ; si elle y parvient, elle sera sans doute en position de trancher entre les deux candidats à la présidence de l’université (et donc entre le oui et le non à l’université-cible…) ;
  • à gauche, une liste portée par le Comité de lutte de la Doua (proche des Jeunes communistes) et la liste déposée par l’UNEF, membre d’Idexit ; GALIAE, qui avait obtenu un siège en février, ne se représente pas.

À Lyon 3, ce sont pas moins de cinq listes qui se présentent :

  • GAELIS (FAGE) présente, de même, une liste « Bouge ton campus » (où l’on trouve, petite curiosité… celui qui était jusqu’en septembre le vice-président étudiant de Lyon 2) ;
  • la Corpo Lyon 3, associée à la FORCE (issue de l’IAE), tentera de conserver les deux sièges de la précédente mandature ;
  • l’UNEF dépose une liste avec l’EMF (Étudiants musulmans de France) ;
  • le MIFA, fédération d’associations qui avait percé aux précédentes élections en obtenant deux sièges, espère contribuer à « clore ce feuilleton institutionnel [la fusion] qui dure depuis trop d’années », aux termes de son dernier communiqué ;
  • l’UNI représente seule la droite et l’extrême-droite, alors que l’on pensait un temps que la Cocarde étudiante déposerait une liste.

Les héritiers de Comby face à un front uni

C’est cependant du côté des personnels que tous les regards se tournent. Chez les BIATSS, le paysage syndical traditionnel se dessine : l’UNSA et le SGEN, au centre, font face à une liste « Démocratie universitaire et respect du service public » soutenue par les syndicats de gauche. Une stratégie de l’union qui prévaut aussi chez les enseignant⋅es-chercheur⋅euses,les deux listes qui se présentent auraient pu s’appeler « pour » et « contre », tant l’horizon de la fusion écrase tous les autres enjeux de ce scrutin.

Pierre Girard, professeur d’études italiennes, conduit la liste « Ensemble pour construire notre nouvelle université » qui défend l’héritage de Jacques Comby : après deux mandats, le président sortant ne peut plus se représenter… mais « n’exclut pas » de « jouer un rôle dans la future université-cible », comme il le confie à NewsTank. La profession de foi de la liste est claire : « l’enjeu de ces élections, c’est donc la possibilité pour notre université et, à travers elle, pour le site académique de Lyon–Saint-Etienne de rester parmi les grands sites de recherche français ». Les membres de la liste sont « tous animés par la même volonté de dire “oui” car dire “oui”, c’est se donner les moyens de prendre en main notre avenir en faisant valoir nos choix et nos valeurs à la table des négociations ». Et au verso de la profession de foi, un véritable tract pro-fusion : « l’IDEX est plus qu’un énième acronyme »…

La liste « Pour une université démocratique & humaine », portée par le juriste Éric Carpano, s’engage dans sa profession de foi « à rejeter le projet de statuts de l’université-cible » et propose « d’œuvrer de concert à la refondation de notre Université et de la politique de site ». « Notre liste est la seule à proposer un véritable projet pour les quatre années à venir », avance le texte : une université « démocratique », « plus humaine », « ambitieuse sur le plan pédagogique et en matière de recherche » et « ouverte sur le monde de l’entreprise » est décrite paragraphe après paragraphe. « Nous savons que Lyon III ne peut rester isolée et qu’une alternative doit être proposée. Nous sommes favorables à un rapprochement à condition qu’il soit cohérent, équilibré, et respectueux de chacun », ajoute la liste, qui détaillera prochainement son programme sur un site internet. La liste s’est par ailleurs « félicitée » du vote stéphanois de vendredi dernier, qui a stoppé le processus de fusion.

Le vote aura lieu du 12 au 16 novembre, par voie électronique. La mise en place d’un confinement ne devrait donc pas mettre à mal le processus.

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