Communiqué de presse — Télécharger en PDF


Ces 22 et 23 octobre, l’École normale supérieure de Lyon (ENS) et l’Université Jean-Monnet de Saint-Étienne (UJM) devaient s’engager définitivement dans le projet de fusion en une « université-cible » lyonnaise et stéphanoise. Le projet, qui regroupe également les universités Lyon 1 et Lyon 3, a été approuvé d’une courte majorité par le conseil d’administration de l’ENS (14 voix sur 13 requises) mais il a été largement rejeté par celui de l’UJM (11 voix sur 18 requises).

  • Nous partageons la déception de la communauté de l’ENS de Lyon, qui s’était massivement prononcée contre le projet lors d’une consultation organisée par un comité indépendant. Une partie du conseil d’administration, composée de membres nommé⋅es et élu⋅es, n’a pas eu le courage de faire le choix de la construction collective d’une alternative au projet actuel, qui n’a pourtant plus le soutien des communautés. Ce renoncement est regrettable.
  • À l’inverse, nous saluons le choix responsable et lucide des adminis­trateur⋅ices de l’UJM, malgré les pressions considérables subies depuis de longs mois. Le conseil d’administration a porté la voix quasi-unanime de la communauté universitaire, des syndicats de l’université, des organisations étudiantes, syndicales et associatives, des nombreux⋅ses enseignant⋅es et chercheur⋅euses regroupé⋅es au sein du Collectif UJM et des responsables politiques ligérien⋅nes en faisant le choix de protéger un territoire plutôt que de céder à des injonctions politiques hors-sol.

Il faut aujourd’hui tirer les conséquences de ce résultat, et recommencer à travailler pour l’avenir du site universitaire.

  • En premier lieu, le désaveu que constitue ce vote prive la présidente de l’UJM, Michèle Cottier, de la reconnaissance et de la légitimité qui doivent être attachées à sa fonction. Dans l’intérêt de son établissement, la raison voudrait qu’elle laisse une majorité renouvelée porter une nouvelle dynamique, et nous l’appelons à la responsabilité. Nous appelons également les membres du conseil d’administration de l’université, dont près des deux tiers se sont opposé⋅es au projet de fusion, à considérer les dispositions de l’article L719-1 du Code de l’éducation qui leur permet de s’en remettre à leurs électeur⋅ices pour faire émerger un nouveau projet d’établissement.
  • Par ailleurs, ce résultat rend caduc le vote de l’ENS de Lyon, mais également ceux prononcés à titre consultatif par les conseils d’administration des universités Lyon 1 et Lyon 3. Cet énième coup d’arrêt doit sonner la fin de quatre années d’erreurs ! Alors que l’administrateur provisoire de l’université Lyon 1 fait mine de se lancer dans une fusion à trois, désormais privée des forces stéphanoises, de l’essentiel des lettres et sciences humaines du site et de toutes ses écoles d’ingénieur⋅es sauf une, il s’agit de prendre le temps de penser une nouvelle construction au service du rayonnement de tout le site. Un nouveau projet doit émerger d’un travail ouvert, apaisé, porté par des dirigeant⋅es renouvelé⋅es et associant réellement les communautés dans leur pluralité. Nous espérons pouvoir contribuer à un tel projet, convaincu⋅es que notre enseignement supérieur et notre recherche méritent mieux que les débris d’une fusion que plus personne ne porte.

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