Ce mardi 9 juillet, le nouveau Conseil d’administration de la ComUE devait élire son président, pour un mandat de 4 ans. Face au multi-récidiviste Khaled Bouabdallah, Hugues Benoit-Cattin rappelait la nécessité de reconnecter l’Université de Lyon au terrain et de reconquérir la confiance des communautés, mais sa candidature a été écartée par 27 voix contre 11. Et le surlendemain sonne déjà l’heure des règlements de comptes…

Un bilan contre une ambition

Les auditions de deux candidats (15 minutes de présentation, 30 minutes d’échanges : un peu expéditif pour un poste d’une telle importance…) s’opposent en tout. Khaled Bouabdallah s’étend longuement sur son expérience (deux mandats de président d’université, un mandat à la ComUE, trois mandats à la CPU…) et sur le bilan de la première mandature de l’Université de Lyon, détaillant abondamment les premiers paragraphes de sa déclaration de candidature. La suite est placée sous le signe de la continuation des différents projets, d’une évolution vers une ComUE expérimentale « au modèle économique repensé » ; en somme, « je n’ai pas fini le boulot, il faut donc me réélire », comme l’écrivait Pierre Dubois dans une récente analyse sur son blog Histoires d’universités.

d-fvogmwsaeoyjhEn face, Hugues Benoit-Cattin dresse tout d’abord le constat d’un manichéisme excessif devant l’Idex (en être et obtenir notre salut, ou ne pas en être) et d’un pilotage trop opaque et autoritaire des projets menés par l’Université de Lyon : rien d’étonnant, dans ces conditions, à ce que la confiance des communautés se soit peu à peu effritée (cf. slide ci-contre, qui rappelle notre décompte des votes des différentes instances sur le DOS). La réponse proposée par le directeur de la Fabrique de l’Innovation est multiple :

  • communiquer systématiquement sur les actions menées et sur les processus engagés, pour rétablir une confiance et justifier de l’utilité des structures,
  • changer de méthodes de gouvernance et remettre les personnes et le terrain au centre des projets,
  • négocier le financement des actions avec les tutelles et remettre à plat les logiques de réorganisation du site plutôt que de se soumettre aveuglément à une Idex qui n’a pas convaincu sous la forme qu’elle a prise,
  • ne pas laisser de côté les étudiant⋅es et faire une part centrale aux réflexions pédagogiques.

Ces éléments étaient également détaillés dans une déclaration de candidature.

Occasion manquée pour le renouveau de la ComUE ?

À entendre les questions posées aux deux candidats — relative complaisance contre tirs à boulets rouges —, l’issue du vote était à peu près claire.

Seul Éric Maurincomme, qui décriait déjà « la méthode Khaled Bouabdallah qui consiste à ne rien dire puis mettre à la fin un coup de pression immense » dans Tribune de Lyon ce matin, a osé chatouiller le président sortant, lui demandant s’il prenait l’engagement de faire tout son mandat s’il était réélu — et donc, de ne pas briguer la présidence de l’université-cible. En réponse : pirouette, et évocation de la « fiabilité » du directeur de l’INSA. C’est de bonne guerre…

Cette longue mise en scène (tout de même deux heures…) en dit toutefois long sur le verrouillage des discussions et du travail au sein de l’Université de Lyon. La violence avec laquelle a été accueillie une voix proposant de revenir sur les méthodes de pilotage de la ComUE témoigne, s’il y avait lieu d’en douter, de l’incapacité de nos dirigeant⋅es à laisser de côté intérêts personnels et batailles d’ego et à faire primer le renouvellement, l’ouverture et la transparence dans leur gestion.

Toujours est-il que cette candidature — dont on ne saura pas jusqu’où elle était concertée avec l’INSA, dont Hugues Benoit-Cattin est aussi directeur adjoint — aura eu le mérite de mettre sur la table des pistes pour un renouveau que nous défendions aussi dans notre profession de foi il y a quelques semaines. « J’espère que mes propositions sauront intéresser mon collègue Khaled Bouabdallah », glisse H. Benoit-Cattin à Tribune de Lyon ; nous aussi.


Mise à jour du 12 juillet 2019 : Selon nos informations, Hugues Benoit-Cattin s’est vu signifier hier par Khaled Bouabdallah la fin de sa mission de directeur de la Fabrique de l’innovation : sa candidature à la présidence de l’UdL constituerait « une rupture évidente du lien de confiance » avec la ComUE. Au-delà du cynisme qu’il y a à taxer de rupture de confiance (avec la présidence) des propositions tendant à restaurer une confiance (avec la communauté du site), un tel règlement de comptes est proprement honteux — et tristement éloquent.

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