Les précisions apportées fin octobre au projet d’université-cible suscitent quelques grimaces du côté des facultés vouées à passer sous la coupe de l’ENS dans le pôle « Sciences et humanités » : à Lyon 1, les personnels de la Faculté des sciences et technologies (FST) désavouent le président Fleury dans une consultation organisée par leur direction, tandis qu’à Lyon 3 une motion adoptée par la Faculté des lettres et civilisations (FLC) revient en détail sur les inquiétudes que soulève le projet d’université-cible.

La FST de Lyon 1 contre son éclatement, à court et à moyen terme

Nous avions rapporté le projet du président de l’université Lyon de diviser la FST en trois parties dès le 1er janvier 2019. Cette opération, menée sans aucune concertation à ce jour, est bel et bien sur les rails : le point sera évoqué en Conseil académique jeudi, en Comité technique vendredi et en Conseil d’administration dès mardi prochain !

Entre-temps, la direction de la FST avait organisé une consultation de ses personnels, dont les résultats ont été publiés hier. Le message est clair :

  • près de 84 % des personnels souhaitent « le maintien de la FST sur son périmètre et ses compétences actuels en 2019, dans l’attente des évolutions et validation définitives du projet “Université Cible” » ;
  • 67 % des personnels appellent à la conservation « l’unité actuelle de notre FST, ce qui n’exclut pas une évolution de périmètre et de fonctionnement », tandis qu’un peu moins de 17 % défendent le découpage en trois pôles tel qu’il est actuellement prévu.

Si la consultation n’exprime pas en soi un rejet frontal du projet d’université-cible, la demande d’une préservation des liens entre les différentes disciplines scientifiques est nette. Il reste quelques jours à l’équipe du président Fleury pour en tenir compte…

Une vision du 1er cycle « très discutable » pour la FLC de Lyon 3

Au sein de la Faculté des lettres et civilisations de l’université Lyon 3, un groupe de travail sur le 1er cycle est l’auteur d’une longue motion, qui vient d’être adoptée par le conseil de la faculté. Quatorze enseignant⋅es et le responsable administratif de la Faculté de philosophie (actuellement sans conseil de faculté) ont également signé le texte.

La motion commence par interroger les présupposés du « projet pour l’établissement-cible » diffusé par le « G7 » fin octobre :

  • le « principe selon lequel l’université actuelle conduirait avant tout à l’échec »,
  • le fait que « la modularité est présentée comme source de réussite »,

autant d’affirmations plus que discutables sur lesquelles la motion revient en détail, rappelant le travail d’ores et déjà engagé sur ces points.

Sont également mis en cause les problèmes désormais récurrents que pose la création d’un « collège de 1er cycle » :

  • Présenté comme un outil de coordination des filières de 1er cycle, de « collège » conduira à leur autonomisation, et donc à leur éloignement du reste de la structure universitaire — avec les conséquences que l’on imagine pour les personnels et les étudiant⋅es.
  • Les « licences transversales » détachées de tout ancrage disciplinaire semblent faire figure de voie de garage pour les étudiant⋅es en difficulté qui n’auraient pas accès aux licences « académiques » sélectives.
  • La séparation des formations « fondamentales » des formations professionnelles est dangereuse.
  • Le pilotage du futur pôle « Sciences et humanités » par l’ENS est clairement rejeté ; en particulier, « l’ENS n’a pas de compétence en matière de 1er cycle ».

En réponse à ces critiques, la motion formule un certain nombre de propositions pour répondre de façon plus adaptées aux problèmes que le projet se propose d’aborder :

  • la mise en place d’un « comité de coordination du 1er cycle » à l’échelle du site pour renforcer l’enrichissement mutuel des formations et relier les initiatives menées dans les différents établissements composantes ;
  • la poursuite des efforts pour élargir la transversalité des parcours dans une logique majeure/mineure(s), afin que le diplôme de licence « débouche sur un master ou un métier ».

Il faut saluer l’effort fait par les rédacteurs du texte pour proposer une alternative au démantèlement proposé par les porteurs du projet d’université-cible. À bon entendeur…

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