Fin septembre, les étudiant⋅es et personnels de la Faculté des Sciences et Technologies (FST) de Lyon 1 ont eu la surprise d’apprendre que leur démembrement était prévu… pour janvier 2019.

Fleury saucissonne les sciences en douce

Depuis la publication des futurs pôles de l’université-cible qui absorbera Lyon 1 au 1er janvier 2020, il était clair que les jours de la FST étaient comptés :

  • une partie de ses départements iraient en « Disciplines fondamentales » (mathématiques, physique, chimie), sous le « pilotage » de l’ENS,
  • une autre partie serait rattachée au pôle « Sciences, technologie et société » (GEP, mécanique, informatique),
  • et la biologie rejoindrait la pharmacie pour former un pôle « Biosciences et sciences pharmaceutiques », cher au président Fleury.

Cette opération, souvent décrite comme « une vente à la découpe », fait très bien les affaires des présidences de Lyon 1 et de l’ENS, au détriment de l’unité et de l’indépendance des filières scientifiques.

Pourtant, aucune annonce officielle ne laissait présager un découpage avant 2020, et c’est sans un mot au conseil de composante, au CAc ou au CT que des groupes de travail informels ont commencé à se réunir pour travailler à diviser la FST en trois dès janvier prochain. Ces groupes de travail, manifestement pilotés par la présidence de l’université et composés de quelques enseignants-chercheurs bien choisis (directeurs de département, directeurs d’unité, …), se seraient ainsi attelés à la tâche de préparer des statuts pour la division de la FST en trois composantes.

Un découpage hâtif, certes, mais bien pratique quand on connaît le scepticisme de la FST et de sa direction vis-à-vis du projet d’université-cible. Le président Fleury, prompt à prendre tout le monde de vitesse ces temps-ci, ne s’embarrasse plus de simagrées démocratiques : lorsqu’un acteur pose problème, c’est bien plus simple de le supprimer…

Face à la presse, cependant, la prudence est de mise : « rien n’est décidé et encore moins voté », répond l’université à AEF, sans souhaiter s’exprimer davantage.

La composante menacée se mobilise

Dans la même dépêche sur AEF, Fabien de Marchi, directeur de la FST, évoque « une présidence quidit dans les couloirs que l’on va découper la plus grosse composante de l’université » et « des collègues choqués par la méthode », et s’interroge : « notre identité de fac de sciences va disparaître : nous prenons des étudiants au niveau bac et les amenons jusqu’à bac+5 ou bac+8. (…) Demain, où iront nos étudiants de premier cycle, que deviendront nos masters pros actuels ? »

En réaction à cette nouvelle — qui, à notre connaissance, n’a toujours rien d’officiel —, une assemblée générale de la FST a réuni près de 200 personnes le 5 octobre dernier. Une motion, adoptée à l’unanimité, rejette le principe et la méthode de ce découpage prématuré :

(…) Si les composantes des universités ne doivent pas être figées, toute évolution nécessite un large débat et une anticipation dans la mise en œuvre.

Par ailleurs, nous ne comprenons pas cette précipitation, dans la mesure où l’organisation et le fonctionnement de la future « Université Cible » font l’objet de nombreux questionnements aujourd’hui sans réponses. Nous ne pouvons ignorer le risque de souffrance au travail des personnels inhérent à tout changement conduit sans adhésion des acteurs.

Ainsi, nous demandons au Président Fleury et au Conseil d’Administration de l’Université d’abandonner l’idée d’une mise en œuvre anticipée en 2019 ; d’une façon générale, nous n’acceptons pas la remise en cause de nos structures actuelles de travail sans qu’un large consensus ne soit atteint. (…)

Le 19 octobre, la CDUS (conférence des doyens et directeurs des unités scientifiques) dénonçait à son tour « les conditions de démocratie, de transparence et de dialogue dans lesquelles cette transformation est conduite », appelant de ses vœux le « temps nécessaire de la participation réelle des communautés au projet et de la préparation des personnels aux changements » dans un communiqué intitulé « Mise en garde contre les projets précipités ou hors-sol ».

À la suite de cette assemblée générale, une consultation électronique a été lancée par le directeur de la FST, auprès de tous les personnels de la composante : on en saura plus à l’issue de la consultation, le 9 novembre prochain.

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