Alors qu’apparaissent les premières fuites concernant le futur découpage de l’université-cible, revenons sur quelques bruits qui ont traversé ce printemps bien silencieux…

L’INSA est en chantier

Deux mots brefs sur les différentes évolution en cours à l’INSA, que nous mentionnions dans un précédent papier. La composition du CA, au centre de tous les débats, était finalement passée de 19 élus et 14 extérieurs à 16 élus et 12 extérieurs.Un débat qui n’est en rien anodin, car il préfigure celui qui surviendra lorsque se posera la question des instances de la future université-cible…

Le dossier n’est pourtant pas clos, car le rectorat a demandé suite à ce vote à ce que les personnalités extérieures soient précisées… C’est ainsi que le CA s’est vu soumettre en juin une composition ouvrant cinq sièges à des représentants du MEDEF ! Une proposition dénoncée par les élus FSU de l’établissement, qui a finalement été rejetée par le CA le 21 juin et sera à nouveau examinée en octobre.

Ce CA de juin votait également le passage de l’INSA aux RCE (responsabilités et compétences élargies créées par la loi LRU), qui sera néanmoins soumis à un nouveau vote après l’audit du projet et une phase de négociations.

Enfin, cette séance était aussi l’occasion d’un petit retour sur l’avenir de l’INSA, engagée dans deux projets qui semblent parfois contradictoires : cette université-cible qui implique une perte de personnalité juridique d’ici au plus 10 ans, et la « démarche prospective INSA Lyon 2040 », réflexion engagée par la direction d’Éric Maurincomme sur l’avenir et la singularité de l’établissement. Mais y aura-t-il seulement encore une INSA en 2040 ? C’est la question qu’a soulevée le CA, sans obtenir de réponse plus claire que d’habitude. La personnalité juridique est, encore une fois, une question qui pose problème…

De même, le fait que la fusion à venir ne ferait de l’INSA qu’une sous-composante d’une composante ingénierie n’est qu’une « rumeur » vite écartée*.

À Lyon 1 et Lyon 3, la réflexion est engagée

Dans les universités (à l’exception, encore une fois, de Saint-Étienne, dont nous avons toujours autant de mal à avoir des échos…) le branle-bas-de-combat commence.

À Lyon 1, la demande d’une « composante scientifique réunissant au moins l’ensemble des disciplines actuelles de la Faculté [des Sciences et Technologies] » est avancée.  Le 14 juin, le département de mathématiques annonce un premier début de découpage :

Il est proposé de créer un pôle sciences, qui comportera l’ENS avec sa PMJ, une UFR sciences, et une UFR de SHS. L’UFR SHS correspondra aux SHS de Lyon 3, alors que l’UFR sciences consistera en physique, chimie, math et OSU de Lyon 1.

Un bon fonctionnement de ce pôle pourra mener vers une véritable fusion, et la perte de la PMJ de l’ENS.

À Lyon 3 également les débats sont lancés, avec la mise en place (comme ailleurs) d’un espace Intranet dédié, proposant à la communauté d’émettre des propositions sur différents thèmes : Composante, Formation, Gouvernance, Qualité de vie au travail, Recherche, Vie étudiante, Vie des personnels, Attractivité et rayonnement**. Des premières réunions sont organisées sur l’organisation du premier cycle, les conditions de travail et la vie étudiante.

Pourtant, des voix plus discordantes se font entendre, à l’image de celle du doyen de l’UFR de droit, Hervé de Gaudemar, dans un entretien à la Tribune de Lyon :

Si on se dirige vers plus de centralisation, on va tuer l’université française. Le projet de créer de grandes universités à dimension internationale est porteur à la fois d’espérance et de cauchemars. Mon rêve, c’est que, si l’université de Lyon se construit, elle le soit sur la base de ses facultés. Sinon, elle va devenir un mastodonte de bureaucratie et de centralisation et ce sera la mort de la faculté de droit de Lyon.

Le doyen défend un modèle facultaire et décentralisé très « IIIe République », et regrette que le projet d’un rapprochement Lyon 2 / Lyon 3 ait été abandonné : l’indépendance de la faculté de droit lyonnaise (et de son doyen) est l’enjeu des restructurations à venir…

Une façon aussi pour lui de poser les conditions de la participation de Lyon 3 à l’université-cible, vu le poids de sa faculté au sein de l’université.

Et pendant ce temps, rue Pasteur…

Ces débuts de remous font apparaître deux circuits de discussion parallèles :

  • les « pré-groupes de travail » annoncés avec tambours et trompettes, qui travaillent en silence depuis le début du printemps (paraît-il),
  • les discussions informelles dans et entre les établissements, dont le contenu filtre peu à peu.

Nous ne pousserons pas le mauvais esprit jusqu’à supposer que les premiers servent principalement à ménager du temps pour que se développent les secondes, mais l’hypothèse fait son chemin…

En témoigne aussi le compte-rendu d’un rendez-vous avec Khaled Bouabdallah publié fin avril par les élus SGEN du site, où l’on n’apprend pas grand-chose, si ce n’est la répétition d’un certain nombre de garanties :

  • mise en œuvre d’une communication efficace sur les groupes de travail (on en rigole encore),
  • conservation de la PMJ pour l’ENS et l’INSA (dans le cadre prévu par les ordonnances à venir),
  • les IUT seront libres de choisir leur avenir,
  • aucun déplacement forcé de personnels.

On note également :

Le Président Bouabdallah indique qu’il sera nécessaire de « changer de logiciel » en la matière. La démocratie universitaire trouvera à s’appliquer dans les composantes (note du SGEN : a fortiori, donc moins au niveau central).

À suivre…


 

(*) Note du 13 juillet : É. Maurincomme aurait encore assuré début juillet que son établissement garderait sa PMJ « ad vitam æternam ». Confiance un peu hasardeuse…

(**) Note du 12 juillet : à titre de comparaison, l’intranet de l’ENS permet seulement de « poser des questions » au président…

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