Tout s’emballe entre nos présidents, avec la publication de toute une collection de communiqués de presse et de courriers internes. De quoi faire une petite chronologie…

Premières réticences

Les Principes incontournables de l’Université-cible publiés en octobre font très vite grincer de nombreuses dents syndicales : plusieurs communiqués sont publiés. À Lyon 1, un communiqué intersyndical annonce :

Parmi les nombreuses raisons justifiant [le rejet de ce document], on peut notamment citer, de manière non exhaustive :

  • La remise en cause des statuts actuels du personnel vers des statuts incertains (fonctionnaires « locaux » ? contractuels ?) dans le cadre « d’un statut expérimental », qui annonce une généralisation des inégalités et de l’arbitraire dans les recrutements, les rémunérations, les carrières, les missions, ainsi qu’une plus grande précarisation du personnel ;
  • La perte de la personnalité morale et juridique de l’Université Lyon 1 dans une « Université cible » dérogeant totalement aux principes de collégialité (…) ;
  • L’opposition factice de l’« excellence » et des missions de service public de l’« Université-cible », ainsi que l’absence d’assurance quant à la pérennité de ses missions de service public au bénéfice des étudiant·e·s, en prônant notamment « la capacité à choisir ses étudiants », ce qui va bien au-delà des attendus pour l’accès aux formations encore en discussion au niveau national.

Par conséquent, nous, personnels de l’Université Lyon 1, réunis en Assemblée Générale, rejetons le document intitulé « Les principes incontournables de l’Université-cible » et refusons de discuter sur la base de ces principes. Nous avons nous aussi des principes à proposer pour l’avenir de notre université sur lesquels nous demandons à être entendus.

Lyon 3 traîne les pieds

Puis c’est à l’université Lyon 3 que les premières réticences « institutionnelles » se font sentir : une motion votée en C.A.  en novembre critique à nouveau le fameux document.

Le CA de l’université Jean Moulin Lyon 3 souhaite s’associer pleinement à la construction d’une nouvelle université, dite communément « université-cible », en étant force de propositions et de collaboration pour le travail constitutif de cette université qui a vocation à devenir une université de rang mondial par l’excellence de sa recherche et la richesse de ses formations.

Pour autant, il ne retrouve dans le document intitulé « principes incontournables de l’université-cible » une vision satisfaisante de l’université et du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. (…)

Puis le conseil de la très puissante faculté de droit enfonce le clou, à l’unanimité cette fois :

Le conseil de la faculté de droit a pris connaissance du document intitulé « Principes incontournables de l’université-cible ».

Il rejette tant sa philosophie générale que le fond des différents principes énoncés tels que par exemple :

  • La volonté d’instaurer un institut de premier cycle ;
  • L’introduction de dérogations aux statuts et règles nationales relatives au recrutement et à la carrière des personnels ;
  • Le développement d’un système de tenure-track ;
  • La volonté d’accroître la proportion de membres extérieurs dans le conseil d’administration.

Les points problématiques doivent être retirés de la liste des principes fondamentaux de l’université-cible.

La faculté de droit tient à participer à la poursuite des discussions relatives à la construction de la nouvelle université, mais sur des bases différentes.

Lyon 2 claque la porte

Par la suite, les présidents se veulent rassurants. Ces « principes incontournables » sont en fait « un texte d’ambitions », rétropédale Jean-François Pinton (président de l’ENS, directeur de l’Idex).

Et les discussions continuent dans le plus grand secret entre chefs d’établissements, jusqu’à la semaine du 11 décembre… Et là, c’est le drame. La présidence de Lyon 2, agacée de voir Lyon 1 et l’ENS discuter dans leur coin, claque la porte dans un mail retentissant.

Sans plus tarder, la presse relaye ce mail.

Des communiqués pour stopper l’hémorragie

La réaction ne se fait pas attendre : l’Université de Lyon publie sur-le-champ un communiqué de presse le 13 décembre, suivi de mails internes à Lyon 1 et l’ENS le lendemain.

À l’ENS, Jean-François Pinton prend le contre-pied de Lyon 2 et se glorifie d’un dialogue fructueux :

Comme rappelé lors de l’AG du 23 novembre dernier, le projet IDEX entre aujourd’hui dans une nouvelle phase. Celle-ci a été officialisée mardi, le conseil d’administration de la COMUE ayant entériné les principes d’une trajectoire institutionnelle en plusieurs étapes pour construire une université de recherche intensive de rang mondial sur le site, associant écoles et universités. (…)

Il s’agit là d’une première phase, car le sens de l’université cible est de rassembler ultérieurement d’autres établissements qui voudront la rejoindre, et de créer un espace commun de collaboration où s’exprimeront les synergies tant en formation qu’en recherche. Notre démarche, qui vise la reconnaissance de l’excellence du site à l’international, s’inscrit dans un attachement partagé aux valeurs du service public.

Le directeur de l’Idex reprend en cela presque mot pour mot le mail de son collègue Frédéric Fleury à Lyon 1, qui précise :

Face aux difficultés rencontrées pour construire, en un temps aussi court, cette université cible avec l’ensemble des partenaires du consortium IDEXLYON, compte tenu de leurs approches différentes, il est apparu nécessaire d’engager une mise en œuvre par étape avec initialement un périmètre plus restreint. Ce choix permettra à la fois que tous les établissements contribuent aux aspects académiques du projet et à quelques-uns, partageant une vision commune plus aboutie, de bâtir une structure intégrée, destinée à former cette « université de rang mondial » nécessaire à l’ambition académique du site et attendue dans le cadre de IDEXLYON.

Des élu⋅es s’élèvent contre cette communication

Dans le même temps, une cinquantaine d’élu⋅e⋅s d’instances lyonnaises publie jeudi 14 un communiqué de presse pointant du doigt la communication mensongère de l’Université de Lyon :

Les personnes soussignées, membres élus des instances des 5 établissements mentionnés comme s’engageant, certifient que ces affirmations sont tout simplement fausses.
Un tel engagement à 5 établissements n’a jamais été évoqué, a fortiori soumis aux instances de ces 5 établissements. (…)

Nous allons, dans les prochains jours, demander à ce que de réelles consultations des personnels et usagers soient organisées, afin de démontrer que ces projets, pour l’heure terriblement flous, ne recueillent nullement l’adhésion de la communauté universitaire.

Différentes sections syndicales se joignent au communiqué.

Le même jour, c’est le CNESER (conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche) qui dénonce ces Principes incontournables par 53 voix contre 2. Nous avons relayé la motion votée.

Affaire à suivre…

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